edité le 25/09/2013

Comment sont sélectionnés les étudiants? C'est une question que pas mal de monde se pose et notamment les lycéens qui voudraient s'inscrire si j'en juge par les questions que j'ai reçu à ce sujet par email.

 

Le mode de sélection le plus tristement célèbre est la sélection par l'argent.

Bien qu'il ne s'appliquent pas aussi fortement aux Etats-Unis qu'en France, la sélection par l'argent joue un rôle dans la sélection en France aussi. Tout d'abord dans les conditions d'études. En effet quelqu'un qui est obligé de travailler pour financer ses études a plus de chances d'échouer que ceux qui ne sont pas obligé de la faire. Avant 2006 la proportion d'étudiants dans cette situation était de 60% elle est passée à 80% récemment. Les réformes visant à transformer les universités en grandes écoles ont aggravées la situation en alourdissant l'emploi du temps, augmentant ainsi la pression sur ceux qui manquent les cours en fin de journées alors qu'il n'y pas si longtemps, il y avait une après-midi où un matin un peu moins chargés que les autres, ce qui facilitait l'organisation du rattrapage et du travail personnel. A cela il faut ajouter que le coût des frais d'inscription, des tickets restaurant (+0,50€ chaque année quoiqu'il arrive), des livres, du logement augmente.

L'argent joue aussi a un autre niveau : l'obtention du bac (et du type de bac). Cela joue surtout pour les études scientifiques, notamment en médecine où l'on sait que les élèves préparant le bac S sont issus des milieux favorisés en majorité. Le cas de la LEA est un peu à part puisque même si les étudiants de LEA ont majoritairement un bac ES et un bac L les bac STG les bacs scientifiques et même les gens qui passent le DAEU peuvent réussir des études universitaires... s'ils ont une bonne culture générale.

Mais l'absence d'argent ne pose pas des problèmes seulement aux étudiants pour le financement mais surtout pour la qualité du service offert par l'université. Ainsi les heures d'ouvertures de l'accueil pour poser une question sur le fonctionnement de l'enjambement, ou simplement sur les examens diminuent à vue d'oeil. Ainsi, si, un étudiant constate une erreur de l'administration (la bourse du Crous versée en retard, enjambement non choisit car l'on était même pas au courant qu'il existait...) aura de plus en plus de mal à trouver un être humain à qui parler et obtenir une réponse rapide. Il faudra envoyer un email qui ira peut-être directement à la poubelle si l'étudiant ne s'exprime pas clairement (ou avec les bons mots du jargon administratif).

 

La sélection par la motivation

Elle se fait a plusieurs niveaux. Tout d'abord, pendant l'année. Le programme est chargé et même s'il on est fatigué ou que l'on ne comprends pas , il faut travailler les cours en plus d'y aller, et réguilèrement en plus.  La motivation est peu testée puisqu'il n'y pas d'entretient concernant votre projet professionel en L1... en revanche il faut que cette motivation soit claire en M1 car elle joue un grand rôle dans l'acceptation ou le refus d'un dossier de candidature... ce que beaucoup d'étudiants ne savent pas. Certains master (à Paris Nanterre ou Lille par exemple) organise des examens pour les étudiants qui ne sont pas de Paris Nanterre, ou Lille à l'entrée du M1.

Mais l'aspect le plus destabilisant et bien sûr la notation puisque quelque soit le temps qu'un étudiant travaille, il a peu de chances d'avoir plus de 14/20 notamment dans les matières dit "secondaires" afin d'empêcher le processus de compensation de donner ses examens à quelqu'un qui serait trop mauvais en langues étrangères. Il va aussi naturellement de soi qu'obtenir 14/20 dans des épreuves de langues dès son arrivée en L1 n'est pas donné à tous le monde... d'autant plus que les professeurs rajustent les notes en fonction du niveau de la classe.

Autre problème la valeur du bac elle-même. Ce problème n'est pas anodin. Par le passé, les commissions d'harmonisation du bac n'existaient pas. Aujourd'hui on estime que c'est non plus le bac, mais la mention qui garantit de bonne chances de réussites en L1. (Tout le monde a entendu parler de la dénonciation du 80% de reçu au bac mais peu savent que c'est la mention au bac qui garantit de bonnes chances de réussites en L1)

 

La sélection par le stress

Le stress découle de la sélection par la motivation. Tout d'abord, le stress vient des conditions de vie de plus en dure. Au niveau personnel, un étudiant qui il y a 10 an pouvait se loger en ville, sera obligé de venir en train de préparer soit même ses repas le matin ou le soir pour économiser sur les tickets de cantines... alors qu'il commence tous les jours à 8h00 (alors que jusqu'en 2002 les étudiants avaient une journée dans le semaine (souvent le jeudi) sans AUCUN cours) dédiée au travail personnel et il pouvait donc s'organiser comme il le voulait). 

L'augmentation des heures de cours fait augmenter aussi le budget déplacement. Alors que l'on a besoin du bus car l'on vient de plus loin on est obligé de se déplacer plus à pieds dans Reims pour des raisons alors que le temps fait très cruellement défaut.

Le manque d'information est très stressant : un professeur peut être absent et ne pas prévenir... et surtout le manque d'information concernant l'organisation des études... comment se préparer sereinement si l'on ne sait pas comment fonctionne les compensations ou que l'on ignore que même en travaillant beaucoup on perdra un ou deux points si la promotion est composé de têtes. En effet bien que cela ne soit jamais mentionné (ou très rarement) la notation des examens est similaire à celle des concours. Ainsi si vous êtes dans une promotion avec des gens très bons en langues et que vous l'êtes moins que les autres, vos notes vont baisser (pas forcément de beaucoup mais baisser quand même).

Certains professeurs (pour ne pas dire quasiment tous, c'est humain) ont des promotions qu'ils préfèrent à d'autres. Ainsi il est arrivé que les sujets d'examen deviennent particulièrement difficile voire même choisi pour faire échouer un maximum de personnes. C'est arrivé en 2007 en comptabilité à l'examen de rattrapage et aussi en 2002 à l'examen de civilisation latino-américaine de L1. Le sujet ne devait pas concerner Pánama mais c'est pourtant bien ce thème qui a été retenu par M. Davo. Les professeurs agissent ainsi pour se plaindre du manque d'intérêt et de respect montré par les étudiants pendant le semestre en les obligeant à aller au rattrapage ou en le manquant (comme ce fut le cas pour certains étudiants de L3 de 2007 qui n'avaient pas validé l'épreuve de comptabilité du 1er coup)

Ces problèmes apparaissent plus souvent en L1 que les autres années et les étudiants de L1 doivent donc faire très attention s'il y a plusieurs étudiants qui se comportent mal car ils pensent qu'il ne pourront pas réussir voir tout simplement ne sont pas motivés par les études en LEA et se sont rendus compte qu'ils se sont trompés, alors ils passent le temps comme ils peuvent en attendant la fin de l'année...

Pour finir, on me demande qu'elle est l'année la plus difficile et comment s'éffectue la sélection le long du cursus?

La sélection tout le long du cursus

Certains étudiants et certains professeurs vont diront que ce sont les années de master les plus difficiles. Certes, elles sont difficiles mais ce ne sont pas les plus difficiles. La plus difficile selon moi est l'année de L1.

Les réformes tendent à transformer la 1ère année de licence en prépa. Comparé à il y a 10 ans il faut absolument arriver avec un bon niveau en langues et en culture générale, ou de droit car on n'a plus un journée de temps libre comme par le passé pour travailler les cours en autonomie et rattraper son retard.

Les étudiants de médecine eux, préparent un contrôle difficile mais disposent de leur après-midi pour le blinder à leur guise et se concentrer sur l'apprentissages des cours et leur préparation pour le concours. En Lea ce n'est pas le cas. Un étudiant qui veut bosster son niveau en langue ou en droit devra le faire soit après avoir mangé de 19h30 à 22h00 soit en se levant tôt le matin.

Le système est proche du lycée en ce sens que en plus des devoirs à faire, il faut se préparer soit-même à l'examen sur le très peu de temps libre qu'il nous reste. En L1 cela est devastateur puisque celui qui arrive avec un faible niveau en espagnol anglais ou français devra travailler beaucoup pour rattraper son retard s'il veut valider ses examens...  De plus il y a un minimum de travail à fournir (notamment de gros efforts de mémorisation pour les cours de droit ou de culture G) à assurer en plus de ce travail personnel... indispensable s'il/elle veut valider la L1.

Certains étudiants (notamment ceux qui ont un esprit très concret et qui aiment les explications simples et efficaces) qui ont validé leur deug et leur maîtrise grâce à un travail acharné en espagnol et en anglais il y a 10 ans ne le validerait plus aujourd'hui. Car cette façon de fonctionner ne leur conviendrait pas. Devoir travailler et utiliser sa mémoire pour des cours qui ne seront plus utilies ensuite est adapté au grandes écoles et à l'université mais dans une moindre mesure.

Il est d'ailleurs significatif que ceux qui ont abandonné les écoles de commerce et se retrouvent en LEA sont des élevès qui réussissent plutôt bien dans le système tel qu'il est devenu. Cet opinion n'est pas une vue de l'esprit. Voyons avec un exemple.

Ainsi par exemple, l'introduction générale au droit ne sera pas utile... sauf à ceux qui se destinent à devenir juriste trinlingue. Seuls quelques éléments infimes de ce sours seront reprise en L2 et L3 (car les cours de droit de ces années couvrent des pans du droit très différents) Mais il aura fallut pourtant réviser pour ce cours en vue de continuer le cursus... Il est dommage que l'intelligence pratique soit maltraîtée à ce point... Les cerveaux gauche et droit sont supposés marcher ensemble. 

Voilà tout ce que l'on peut dire sur les modes de sélection à l'université. J'espère que ceux qui veulent s'inscrire n'auront pas été dégouttés malgré tout et aussi avoir répondu à leurs question. N'hésitez pas à commenter cet article et à partarger votre vécu concernant la sélection et à laisser vos conseils... où à demander de l'aide!